REP, RAR, RRS

La politique d’éducation prioritaire est une politique territoriale et partenariale. Le fonctionnement en réseau est une manière de mettre en œuvre cette politique : travail en réseau avec les partenaires du territoire et travail en réseau avec des partenaires au-delà du territoire.

 

Les ZEP ont été créées en 1981, les REP en 1999, les RAR et les RRS en 2006. Jusqu’à la troisième relance, en 2006, la majorité des REP englobait une ZEP qui en constituait le noyau. Un REP pouvait être constitué de moins de trois établissements jusqu’à plus de vingt. Après la relance de 1999, les REP ont accueilli des établissements sortant de ZEP offrant ainsi la possibilité de mutualiser des moyens éducatifs particuliers et des pratiques.

Les réseaux Ambition réussite (RAR), au nombre de 249 en 2006 regroupent les écoles et établissements concentrant le plus grand nombre de difficultés. Les réseaux de réussite scolaire (RRS) ont pour vocation à sortir progressivement du dispositif éducation prioritaire.


La notion de zone tend à disparaître. En 2007, Réseaux Ambition réussite (RAR) et Réseaux de réussite scolaire (RRS) deviennent les dénominations officielles des territoires en éducation prioritaire.


Le terme "ZEP" tend à devenir un terme générique pour tous les établissements difficiles, quant au terme "REP" on peut se demander s’il est en train de disparaître ou de recouvrir les RAR et les RRS.


Le terme "réseau" renvoie surtout à une manière de travailler. Il est important de bien délimiter la "zone", où l’école ne peut plus remplir son rôle de service public, afin d’être en mesure de construire un projet adapté. Mais travailler exclusivement dans un territoire donné, même avec des moyens exceptionnels, présente des effets pervers : une forme de "ghettoïsation" peut se produire. Les termes "zone", "territoire" limitent et peuvent enfermer ; le terme "réseau" ouvre. Il en est ainsi des partenariats développés : un partenariat avec un organisme culturel, une entreprise, ou avec une grande école ouvre l’horizon de la zone d’éducation prioritaire.

De fait, seul le réseau permet aux élèves, enfermés dans un territoire rural ou urbain en déshérence, d’avoir des contacts avec des formes d’excellence.


Si l’on s’inscrit dans une durée créatrice et que l’on considère que l’éducation prioritaire est un système qui se construit en fonction de l’observation et du réinvestissement des réponses apportées par le terrain, on peut remarquer que l’idée de réseau n’est apparue clairement qu’après la deuxième relance.

Le rapport Moisan-Simon , dans ses recommandations après l’analyse du terrain insistait sur l’évaluation, le pilotage, la lutte contre l’effet ghetto, l’accompagnement, le partenariat.

La création des réseaux d’éducation prioritaire (REP) en 1999 puis, en 2006, des réseaux Ambition réussite (RAR) et des réseaux de réussite scolaire (RRS) est donc bien une réponse du système pour éviter certaines dérives du dispositif et pour le rendre plus performant.

Les recommandations du rapport de Anne Armand et Béatrice Gille sont suivies d’un pilotage au plus près du terrain pour les établissements en EP2 et d’un pilotage national pour ceux en EP1.